AGRESSION DÉJOUÉE : NIAMEY AFFICHE SA GRATITUDE ENVERS MOSCOU
AGRESSION DÉJOUÉE : NIAMEY AFFICHE SA GRATITUDE ENVERS MOSCOU

Une semaine après la nuit qui a mis Niamey sous tension, un mot revient sans cesse dans la bouche des autorités : reconnaissance.
Ce vendredi 4 septembre 2026, l'Ambassadeur de la Fédération de Russie au Niger, Viktor Voropaïev, a été reçu en audience par le Président de la République, le Général d'Armée Abdourahamane Tiani. Officiellement, les échanges ont porté sur le renforcement de la coopération bilatérale. Mais selon le diplomate russe lui-même, l'occasion a surtout permis aux autorités nigériennes d'exprimer leur gratitude pour le soutien apporté par Moscou face à ce que le gouvernement qualifie désormais d'« agression », survenue dans la nuit du 28 au 29 août 2026.
Le Conseil des ministres, réuni le même jour et consacré à cette tentative de déstabilisation, a souligné le rôle important joué par la Russie dans le dénouement de la crise. De son côté, Moscou a réaffirmé son soutien à la lutte contre « les extrémistes et leurs sponsors européens ».
Une solidarité qui ne date pas d'hier
Comme en janvier dernier, puis en juin, lors d'attaques terroristes ayant visé la zone aéroportuaire de la capitale, les partenaires russes de l'Africa Corps ont de nouveau été déployés pour mettre en échec la mutinerie des soldats du bataillon de reconnaissance des forces spéciales (BSR/COS).
La Russie a d'ailleurs figuré parmi les tout premiers pays à condamner les événements et à afficher son soutien à Niamey, aux côtés de l'Algérie et des pays de l'AES. Dans un communiqué publié en début de semaine, le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé des attaques menées « contre des installations gouvernementales par des forces antigouvernementales », précisant qu'elles avaient été repoussées par les forces nationales avec l'appui des militaires de l'Africa Corps. Moscou s'est félicité de voir la situation « sous le contrôle des autorités légitimes dirigées par le Président Abdourahamane Tchiani ».
Le ministère russe a été clair sur la suite : « La Russie continuera de soutenir ses amis nigériens dans leur lutte contre les extrémistes, y compris ceux manipulés par les anciennes métropoles européennes, et souhaite au Niger, ainsi qu'à l'ensemble de la Confédération des États du Sahel dont il est membre, un renforcement continu de sa souveraineté et un développement pacifique. »
Une coopération qui se construit sur le terrain
Au-delà des déclarations, c'est bien sur le terrain que le partenariat s'est concrétisé. Selon l'Ambassadeur Voropaïev, cité par l'agence russe TASS, les éléments du Corps africain sont intervenus sur demande des autorités nigériennes pour neutraliser les militaires mutins au commandement de la base aérienne 101. Le diplomate a précisé que de jeunes officiers, à la tête d'unités des régions de Tillabéri et de Dosso, étaient impliqués dans cette tentative, évoquant la possibilité qu'ils aient été « téléguidés de l'extérieur ».
Ce n'est pas la première fois que les forces russes interviennent aux côtés du Niger sur ce site stratégique : en janvier puis en juin derniers, elles avaient déjà contré des attaques terroristes visant cette même base, qui abrite le QG de l'Africa Corps au Niger.
Ce soutien s'inscrit dans la continuité d'une relation en plein essor. En avril dernier, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, s'était rendu à Niamey pour réaffirmer personnellement au Général Tiani l'appui de Moscou face aux tentatives extérieures de déstabilisation du Niger.







