DÉFENSE : LE GÉNÉRAL TIANI REMANIE LE COMMANDEMENT MILITAIRE APRÈS LA MUTINERIE DE NIAMEY
Un décret lu à la télévision publique, et un commandement qui change de mains. Le Général de Division Moussa Salaou Barmou n'est plus le Chef d'État-Major des Armées (CEMA). Il est remplacé par le Général Mahamane Sani Kiaou, jusque-là Chef d'État-Major de l'Armée de Terre (CEMAT). L'annonce a été faite par décret du Président de la République, Général d'Armée Abdourahamane Tiani, lu dans la soirée de ce vendredi 11 septembre 2026. Le Ministère de la Défense Nationale a également annoncé plusieurs autres nominations ce même jour : - **Décret N° 2026-478/PRN/MDN** : le Général de Brigade Mamane Sani Kiao est nommé Chef d'État-Major de l'Armée - **Décret N° 2026-479/PRN/MDN** : le Général de Brigade Abdourahamane Abou Zataka est nommé Chef d'État-Major de l'Armée de Terre - **Décret N° 2026-480/PRN/MDN** : le Général de Brigade Aérienne Ismaël Kâ Sidi Omar Kâ est nommé Chef d'État-Major de l'Armée de l'Air adjoint - **Décret N° 2026-481/PRN/MDN** : le Colonel-Major Ibrahim Abdoul-Razak Ben est nommé Chef d'État-Major de l'Armée

Deux semaines jour pour jour après la mutinerie qui a secoué la capitale. Et cette fois, c'est au sommet de l'armée que le changement s'opère.
Le Président de la République et Chef suprême des Armées, le Général d'Armée Abdourahamane Tiani, a procédé, vendredi 11 septembre 2026, à un remaniement à la tête de l'armée nigérienne. Selon un communiqué du ministère de la Défense nationale lu dans la soirée sur la télévision publique, il a été mis fin aux fonctions de Chef d'État-Major des Armées (CEMA) du Général de Division Moussa Salaou Barmou, membre du CNSP en poste depuis le coup d'État militaire de juillet 2023.
Il est remplacé par le Général de Brigade Mamane Sani Kiaou, jusque-là à la tête de l'Armée de Terre (CEMAT), qui cède à son tour ce poste à son adjoint, le Général de Brigade Abdourahamane Abou Zataka. Deux autres officiers ont par ailleurs été promus : le Général de Brigade Aérienne Ismaël Ka Omar Sidi Ka et le Colonel-Major Ibrahim Abderrazak Ben, respectivement adjoints aux chefs d'état-major de l'Armée de l'Air et de l'Armée de Terre.
Quatre décrets, quatre nominations
C'est à travers une série de quatre décrets présidentiels que le ministre d'État à la Défense nationale, le Général d'Armée Salifou Mody, a annoncé ces changements au nom du Chef de l'État :
- Décret n° 2026-478/PRN/MDN : le Général de Brigade Mamane Sani Kiaou, nouveau Chef d'État-Major des Armées, en remplacement du Général de Division Moussa Salaou Barmou - Décret n° 2026-479/PRN/MDN : le Général de Brigade Abdourahamane Abou Zataka, nommé Chef d'État-Major de l'Armée de Terre — ancien commandant de la Zone de défense n°5 de Diffa, également ancien commandant du 41ᵉ Bataillon Spécial d'Intervention de Tillia - Décret n° 2026-480/PRN/MDN : le Colonel-Major Ibrahim Abdourazak Ben, nommé adjoint au Chef d'État-Major de l'Armée de Terre — ancien patron du Bataillon d'Intervention du Commandement des Opérations Spéciales (BI/COS) de Maradi - Décret n° 2026-481/PRN/MDN : le Général de Brigade Ismaël Ka Omar Sidi Ka, promu Chef d'État-Major adjoint de l'Armée de l'Air, en remplacement du Général de Brigade Aérienne Ibrahim Moctar Diallo — il commandait depuis 2024 la base aérienne 101 de Niamey
Le commandement de l'Armée de l'Air reste, lui, dirigé par le Général Salifou Mainassara, maintenu à son poste.
Aucune explication officielle, mais un timing qui interroge
Selon le communiqué, le Général Salifou Mody a adressé, au nom du Président de la République, ses félicitations aux officiers nommés. Mais aucune explication n'a été fournie sur les raisons de ce remaniement — le premier d'une telle ampleur opéré par le Général Tiani dans la haute hiérarchie militaire depuis les événements du 26 juillet 2023.
Le changement intervient très exactement deux semaines après la mutinerie de la nuit du 28 au 29 août, durant laquelle des éléments du 2ᵉ Bataillon Spécial de Recherche du Commandement des Opérations Spéciales (BSR/COS) avaient pris d'assaut plusieurs sites de la capitale — la base aérienne 101, le Palais présidentiel et le siège de la télévision nationale. Le récit officiel des événements a évolué depuis : d'abord qualifiés de « mouvement d'humeur d'éléments en rupture avec le règlement militaire » par le ministère de la Défense, les faits ont ensuite été requalifiés par le gouvernement en « agression orchestrée par la France d'Emmanuel Macron » — une accusation fermement rejetée par Paris.







